Les « lotus d’or » ou trois pouces d’érotisme en Chine


La coutume des pieds bandés – dont le « Lotus d’or de trois pouces » (sancun jinlian 三寸金莲) représentait le nec plus ultra des critères de beauté et d’érotisme en Chine –  a existé à la période des « Cinq Dynasties et Dix Royaumes » (907-979), et s’est perpétuée pendant dix siècles, d’abord au sein de l’aristocratie chinoise, pour se généraliser sous les Ming (1368-1644), jusqu’à ce qu’il y ait une tentative d’abolition sous la République de Chine en 1912, avortée. A partir des années 1940, la pratique disparaît avec l’arrivée des communistes au pouvoir et la modernisation de la Chine…

La poésie érotique chinoise ancienne

Summum de l’érotisme dans la Chine ancienne, les pieds appelés « lotus d’or de trois pouces » sancun jinlian 三寸金莲 (longs de 7cm) ont été abondamment loués dans la poésie érotique chinoise, notamment sous la dynastie des Song, lorsque la coutume des pieds bandés se développe. Aussi, le grand poète Su Shi 苏轼 (1036 – 1101) leur a-t-il consacré un poème :

Embaumant le parfum, elle esquisse des pas de lotus ;

Et malgré la tristesse, marche le pied léger.

Elle danse à la manière du vent, sans laisser de trace physique.

Une autre, subrepticement, tente gaiement de suivre le style du palais,

Mais grande est sa douleur sitôt qu’elle veut marcher !

Regarde-les dans le creux de ta main, si incroyablement petits

Qu’il n’est de mot pour les décrire.

Les derniers témoignages contemporains

En 2010, la photographe britannique Jo Farrell a suivi, à la campagne, les pas de ces dernières femmes aux « pieds bandés » (binding feet), les a photographiées et a recueilli leurs témoignages, pour la postérité… Dans cette vidéo, en anglais, elle explique son projet (voir le site Living History), achevé en 2014 :

Les « lotus d’or » dans l’opéra de Pékin

Grâce à la magie de l’artifice théâtral dans l’opéra de Pékin (jingju 京剧) au 19e siècle, l’acteur – chaussé d’une armature de bois dans laquelle il glisse son pied à la verticale, prolongée d’un petit chausson de tissu – semble doté de « lotus d’or ». C’est notamment ce qu’explique Éléonore Martin dans sa conférence intitulée « Les “Lotus d’or” en scène : de l’érotisme dans le jingju en Chine », donnée lors du colloque consacré à l’«Érotisme et sexualité dans les arts du spectacle» (MSH Paris-Nord)… 

 

>>> Pour retrouver les références des actes du colloque «Érotisme et sexualité dans les arts du spectacle», cliquez sur l’image ci-dessous :

Erotisme et sexualité dans les arts du spectacle (éditions L'Entretemps, 2015)

Érotisme et sexualité dans les arts du spectacle (éditions L’Entretemps, 2015)

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