Le thé, jusqu’à l’ivresse !


Le Classique du thé (chájīng 茶經) de Lu Yu sortira prochainement, en mai, aux éditions Payot (collection Rivages/Poche), dans une nouvelle traduction de Catherine Despeux – professeur émérite à l’Institut des Langues et Civilisations Orientales (INaLCO, Paris). Voyage initiatique depuis la préparation du vertueux breuvage jusqu’à sa dégustation…

Sinogramme du thé (chá)

Sinogramme du thé (chá)

Le Classique du thé en quelques mots…

« Une petite feuille amère, sur un arbre qui pouvait atteindre plus de vingt mètres de haut, est devenue, un jour, l’origine de la boisson la plus recherchée dans le monde entier : le thé. En Chine, cette petite feuille doit aussi son succès à un homme dont le fabuleux destin l’a conduit à devenir le dieu du thé : Lu Yu (733-804)*. Il est le premier à avoir présenté une synthèse des différents aspects du thé et à avoir posé les bases de l’art de la dégustation dans son ouvrage élevé au rang de livre canonique : le Classique du thé. »

Le Classique du thé de Lu Yu (733-804) traite en dix chapitres à la fois des aspects techniques et littéraires du thé : origines du thé, ustensiles pour le conditionner et pour le préparer, petites anecdotes autour du thé, art de la dégustation, lieux de production, etc. Par la suite, seuls de petits textes très courts ont été rédigés, puis, au XVIIIe siècle, un ouvrage plus volumineux et plus technique intitulé Suite au classique du thé (Xu chajing). Le Classique du thé de Lu Yu reste la seule référence incontournable sur le sujet. Il a exercé une influence considérable, non seulement en Chine même, mais aussi au Japon et en Corée.

Cérémonie du thé : détails (Shanghai, © Muriel Chemouny, 2008)

Cérémonie du thé : détails (Shanghai, © Muriel Chemouny, 2008)

Lu Yu, orphelin, élevé dans le monastère d’une région productrice de thé, a ensuite passé une grande partie de sa vie à parcourir les provinces de Chine, à recueillir des informations sur les différentes variétés de thé et leurs qualités. Il établit dans son classique un classement des meilleurs thés dans lequel se dégagent déjà les grandes régions qui aujourd’hui encore, fournissent les meilleurs thés de Chine : le Zhejiang et sa capitale Hangzhou avec son thé du Puits du dragon (Longjing), le Hunan et la ville de Chaling, le Fujian, le Sichuan et le Yunnan avec les thés pu’er.

Thé Long Jing

Thé Long Jing

À l’époque de Lu Yu, le thé ne comporte pas de fermentation ; les feuilles sont cuites à la vapeur, pilées et moulées en galettes dont on émiette une partie pour fabriquer de la poudre de thé que l’on fait bouillir dans de l’eau. L’auteur détaille les différentes étapes de la préparation, les ustensiles employés et les qualités d’une boisson bien préparée.

A travers de petites histoires autour du thé, Lu Yu nous fait sentir combien le thé procure des plaisirs et une ivresse infiniment plus subtils que l’alcool. On l’apprécie avec le nez et le palais qui distinguent la fragrance et la saveur qui changent selon que l’on goûte la première infusion, la deuxième ou la troisième ; les avertis sont capables de sentir l’essence du thé envahir tous les pores de la peau et procurer un plaisir indicible, nous dit Lu Yu. On l’apprécie aussi avec ses yeux : les porcelaines ou les grès de certaines régions sont préférables à d’autres pour mettre en valeur le thé.

Lu Yu, influencé par son meilleur ami Jiaoran, un célèbre poète et moine Chan/Zen, nous présente aussi le thé comme une voie spirituelle. Poésie, peinture, musique, dégustation, sont déjà à son époque et le deviendront encore plus après lui, des voies de développement spirituel. (Catherine Despeux)

*Lù Yǔ 陸羽 (733-804) a vécu sous la dynastie des Tang.

Biobibliographie du traducteur

Catherine Despeux

Catherine Despeux

Catherine DESPEUX est professeur émérite de l’Institut des Langues et Civilisations Orientales (INalCO, Paris), auteur de nombreux ouvrages sur le taoïsme et le bouddhisme Chan/Zen – courants de pensée dont elle est l’une des plus grandes spécialistes – ainsi que des traductions de textes chinois anciens sur la médecine traditionnelle (acupuncture), les arts de la longévité, entre autres.

Sélection d’ouvrages

2014 : La passe sans porte. Les énigmes des grands maîtres Zen de Wumen Huikai (traduc. et commentaires de Catherine Despeux), Paris, Points.

2012 : Taoïsme et Connaissance de soi, Paris, Guy Trédaniel.

2010 : Lao-tseu. Le guide de l’insondable, Paris, Entrelacs.

2005 : Soûtra de l’éveil parfait et Traité de la naissance de la foi dans le Grand Véhicule, Paris, Fayard.

1990 : Taiji Quan : Art martial, Technique de longue vie. Paris, Guy Trédaniel.

… Et maintenant, pour épicer cette dégustation de thé, pourquoi ne pas s’initier aux points d’acupuncture comme en se jouant !

Acupuncture - 360 cartes pour découvrir les points essentiels (édit. Guy Trédaniel)

Acupuncture – 360 cartes pour découvrir les points essentiels (édit. Guy Trédaniel, 2012)

 

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Une réflexion sur “Le thé, jusqu’à l’ivresse !

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