Le bonheur, dans la joie du « oui » ?


« J’en atteste sur vous, en ce jour, le ciel et la terre : j’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité ; choisis la vie! » (Deut. 30, 19). Le bonheur pour les êtres humains serait donc pour la Bible directement lié à la vie…

Bonheur?Or, Paul Ricœur précise que l’être humain est fait de cette tension entre la vie et la mort, entre le bonheur et la calamité, entre sa liberté essentielle exprimée dans le « oui » et ses limites existentielles quand il dit : « Je ne pense pas directement l’homme, mais je le pense par composition, comme le ‘mixte’ de l’affirmation originaire et de la négation existentielle. L’homme, c’est la Joie du Oui dans la tristesse du fini »… En guise de mise en bouche, voici l’introduction de mon article intitulé « L’adéquation à la Vie, source de joie » qui paraîtra dans la revue poétique et philosophique « Peut-être » (Claude Vigée) au mois de décembre 2014…

 

« Partant de cette contradiction, de cette tension propre à l’être humain que génère sa dualité constitutive – corporel-spirituel, essentiel-existentiel, vivant et mortel –, vécue le plus souvent comme un dualisme, nous explorerons diverses expressions de cette tension, tantôt source de mal de vivre, de mélancolie, de tristesse, tantôt source de joie et de plénitude lorsqu’en la dépassant, en unissant les contraires pour l’amener à former une dualité indivisible, elle se transforme en dynamique de vie. Le domaine des arts – pictural, musical, littéraire – et de la philosophie sont des terreaux où cette tension se révèle particulièrement féconde. Cette tension, qu’elle soit positive ou négative, peut être un moteur, quand elle n’écartèle pas jusqu’à la destruction dans certains cas individuels qui peuvent conduire à la folie ou à la mort.

Aussi l’homme tente-t-il de résoudre ce conflit notamment à travers la parole vivante, le verbe créatif, dont la poésie peut être un des terrains artistiques de prédilection. De même la philosophie, à travers une autre dialectique, vise à comprendre la position de l’homme dans l’ensemble de la nature et de l’univers et de ses rapports avec les diverses forces qui s’y manifestent. Il s’agira d’examiner cette question à partir des conceptions kabbalistes sur le oui que traduisent les notions hébraïques telles que l’adhésion (Devekout), la « fiance », et plus précisément l’accord (Emouna), le témoignage de son accord comme sources de félicité. C’est sous l’angle de la Parole vivante que nous aborderons cette tentative de réconciliation des contraires par le truchement du verbe créatif, dont les langages poétique et philosophique peuvent se faire les véhicules.

Cependant, n’y a-t-il que le oui – en tant qu’affirmation « positive », librement consentie – comme source de joie, quand les pensées mûries en Extrême-Orient posent, quant à elles, la joie suprême dans le « non », la voie négative, dans la négation de toute division, de tout particularisme, jusqu’à l’éveil à l’infini, exaltée par exemple dans le bouddhisme Chan (ou Zen, au Japon) ? Parce que selon cette voie, toute conception humaine étant limitée tend à la division, la discrimination et non à l’unité harmonique. Partant de ce point de vue, la joie ne résiderait-elle pas alors dans l’union avec la source jaillissante de vie symbolisée dans la Bible par le Lieu – MaQoM – universel, non localisable ? De là, s’épanchent dans toutes les directions des forces qui prennent position par le QouM – ce verbe signifie en hébreu littéralement « se tenir debout » –, là, dans un lieu précis, SHaM en hébreu, qui en l’occurrence est l’homme, que le nom – SHeM – inscrit. Cet homme debout qui résulte du MaQoM symbolise l’homme éveillé, les pieds bien campés sur la terre, regardant l’infini. Cette position est celle qu’ont adoptée des hommes comme le poète Claude Vigée et certains grands maîtres chinois. »

L’intégralité de l’article est publiée dans la revue « Peut-être » de janvier 2015. Si vous désirez lire la suite en ligne, qui sera publiée au fil des mois partie par partie, cliquez sur l’image ci-dessous :

Peut-être (n°6, 2015)

Peut-être (n°6, 2015)

 

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