Fiction et mémoire interdite : le cas de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature (Zhang Yinde)


Zhang Yinde 張寅德 – Professeur des universités en littérature comparée à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 – examine les rapports entre la mémoire et la fiction à travers deux romans de Gao Xingjian 高行健, prix Nobel de littérature (2000), La Montagne de l’Âme et Le Livre d’un homme seul, lors des « Treizièmes Rencontres d’Aubrac« …

Zhang Yinde, Treizièmes Rencontres d'Aubrac (2008) >>> Pour écouter la conférence, cliquez sur l'image

Zhang Yinde, Treizièmes Rencontres d’Aubrac (2008) >>> Pour écouter la conférence, cliquez sur l’image

 

C’est le roman de Gao Xingjian 高行健, La Montagne de l’Âme, qui fait l’objet de la première analyse de Zhang Yinde dans cette conférence audiovisuelle. Entreprenant un voyage intérieur en même temps qu’une traversée géographique dans les montagnes de la Chine du Sud, creuset de la culture chamanique, le narrateur opère un travail de mémoire, grâce aux rencontres qu’il fait. Mémoire pour se reconstruire une identité, et pour reconstruire une mémoire collective mise à mal par les années de Révolution culturelle, de totalitarisme venu du nord de la Chine, berceau de la culture impériale et de l’orthodoxie.

Quant au Livre d’un homme seul, l’accent est mis sur les souvenirs personnels – souvenirs d’aliénation pendant la Révolution culturelle – que Gao Xingjian oppose à l’historiographie établie. Zhang Yinde illustre ses propos en analysant les procédés stylistiques – métaphores, jeux pronominaux – communs aux deux romans, avec quelques variantes significatives.

>>> Vous pouvez consulter l’article de Zhang Yinde dans la revue « Perspectives chinoises » (2010) intitulé « Gao Xingjian : fiction et mémoire interdite » à télécharger en format pdf.

Résumé

De La Montagne de l’âme au Livre d’un homme seul, l’œuvre romanesque de Gao Xingjian s’investit dans un travail de mémoire transgressif : exhumer les patrimoines minoritaires occultés par la culture dominante, sauvegarder la mémoire individuelle contre l’historiographie établie et sonder les zones troubles du souvenir personnel, moins pour se livrer à la « repentance » qu’aux interrogations identitaires. L’écriture mémorielle, à la faveur de la fictionalisation, se rapproche dès lors d’un certain rituel exorciste, qui permet de braver les interdits en conjurant les démons extérieurs comme intérieurs et en faisant prévaloir la prescription existentielle contre le jugement normatif.

>>> Découvrez un entretien exclusif avec Gao Xingjian, réalisé en 2014, intitulé « De la création« 

 

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