De « Princesse Mononoké » au « Vent se lève » : dernier salut à Hayao Miyazaki


Sorti le 22 janvier 2014, Le vent se lève, onzième et dernier film d’animation de Hayao Miyazaki est salué par Jean-Michel Frodon (Les Cahiers du Cinéma, Le Monde) dans son article du 21 janvier, intitulé «  » Le vent se lève « , les adieux rêveurs et sombres de Hayao Miyazaki . Il considère cette œuvre  » comme l’une des deux plus belles avec Princesse Mononoké« . Retour sur Princesse Mononoké avec le professeur Chiwaki Shinoda…

Princesse Mononoke, discours mytho-écologique

Princesse Mononoke, film d’animation de Hayao Miyazaki sorti le 12 juillet 1997 sur les écrans (studios Ghibli) – dont le titre initial prévu par le réalisateur aurait dû être La geste d’Ashitaka, s’inscrit, selon le professeur Chiwaki Shinoda – professeur d’ethnologie à l’Université d’Hiroshima (Japon) – dans la tradition des récits japonais des princes en exil. Le prince dont il s’agit ici est Ashitaka qui, envoûté par le poison du dieu sanglier, se voit banni de son village et condamné à l’exil dans la forêt. Cette forêt est le monde des spectres et des démons, mais aussi des personnages – princes ou non – marqués dans leur chair et mis au ban de la société paysanne, ce qu’évoque en réalité le titre en japonais Mononoke Hime, et dont la traduction française « Princesse Mononoké » ne rend pas compte.

Aux frontières du réel et de l’imaginaire sont abordés divers thèmes chers à Hayao Miyazaki, tels que celui de la symbiose avec la nature, préoccupation essentielle au Japon, de l’équilibre complexe entre les activités humaines et le respect de cette nature. Complexe, car l’ambivalence marque souvent le comportement des uns et des autres acteurs de cet équilibre écologique. Chiwaki Shinoda se demande d’ailleurs s’il faut interpréter Princesse Mononoke comme un simple conflit entre l’industrie et la nature. Pour ce faire, il met en relief les ambivalences de toutes les forces en présence, qu’elles émanent de la nature ou de l’homme, permettant ainsi de nuancer l’interprétation.  Sont abordés la préservation de la forêt, le respect des animaux, respect ancré dans la culture japonaise et qui se manifeste notamment par des cultes populaires rendus à certains animaux.

D’autres thèmes apparaissent comme la lutte contre les persécutions du pouvoir impérial et des guerriers sauvages. Un dernier thème, enfin, se détache et ponctue la fin du film, celui de la destruction nécessaire au renouvellement de la nature.

Que de regrets pour ces adieux… Dernière ovation au grand Hayao !

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Cette conférence de Chiwaki Shinoda a été donnée dans le cadre des 12es rencontres d’Aubrac (organisées par Francis Cransac), le vendredi 24 août 2007 à Saint-Chély d’Aubrac (France)

Chiwaki Shinoda (université d'Hiroshima, Japon) (12es rencontres d'Aubrac, 2007)

Chiwaki Shinoda (université d’Hiroshima, Japon) aux 12es rencontres d’Aubrac (2007)

>>> Cliquez sur la photo puis déplacez le curseur de la vidéo à 39:03 (début de la conférence)

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